« Tu n’as rien vu au Puy-en-Velay » ou le maintien des privilèges.

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Tout commence comme une enquête historique. Que s’est-il passé au Puy-en-Velay pendant la Révolution française ? Animé par cette étonnante et urgente question, un enquêteur anonyme, dont l’enquête découvrira l’identité, part pour le chef-lieu de la Haute-Loire, sur les traces d’une histoire-fantôme.

Une source anonyme (dont on découvrira aussi l’identité au cours de l’enquête) a raconté à notre enquêteur que pendant la Révolution française, qui vit pourtant l’abolition des privilèges et de la monarchie de droit divin, la prise de la Bastille et la mise à mort du roi, pendant ce grand chambardement de tout l’ordre social et politique français que Michelet décrivait comme « l’avènement de la Loi, la résurrection du Droit, la réaction de la Justice », au Puy-en-Velay, pendant la Révolution française donc, il ne se serait rien passé. Rien. La ville n’aurait pas connu la tempête politique et sociale de 1789, ni reçu les échos de ce grand théâtre d’ombre. Il se trouve que la ville est ancienne, entourée de montagnes et de volcans, dominée par une cathédrale médiévale et majestueuse. Il se trouve que la ville est religieuse, c’est l’un des points de départ du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle.

Dépêché sur place, notre enquêteur traverse la vieille ville du Puy, en foulant les pavés de ruelles qui grimpent. Il passe
devant des hôtels particuliers et des églises, à la recherche de quelques traces de l’événement. Une de ces rues porte un nom à la fois drôle et étrange : « Becdelièvre ». Elle s’appelle ainsi en hommage à un certain François-Gabriel-Philippe-Narcisse de Becdelièvre (1778-1855), une petite sommité locale. Ce notable a été fils de militaire, peintre dans le style de David, fondateur d’une première version du musée du Puy, il est affilié à la restauration royaliste… Comment cet homme a-t-il traversé la Révolution ? Et surtout, pourquoi a-t-il peint en double la tête tranchée d’un criminel parricide au début du XIXème siècle ?

Désorientée dans la ville, l’enquête sonore traverse une grande et vieille maison mystérieuse, rencontre des habitants qui se transforment en guides, et un oncle restaurateur de tableaux. Elle reçoit aussi les échos d’un ancien texte qui racontent quelques scènes d’une ville hantée par des fantômes familiaux et historiques.

Une Expérience de Romain de Becdelièvre réalisée par David Jacubowiez